Politique familiale

Depuis sa fondation, le Comité de soutien aux parents étudiants (CSPE) de l’UQÀM a dans sa mire l’adoption d’une « politique familiale » par l’Université qui reconnaitrait et protégerait les droits des étudiantes et des étudiants parents, à l’instar de ce qui prévaut dans les milieux de travail.

État des lieux

Environ 8000 parents étudiants fréquentent l’UQÀM.  Leur nombre est en constante augmentation depuis quelques années, lié entre autres à la féminisation des cycles supérieurs, au prolongement des études dans le temps (pour absorber leurs coûts, notamment)  et au développement de la formation continue.

Les parents étudiants constituent un groupe invisibilisé : ils et elles existent sans être reconnu(e)s.  Dans leurs cours, avec leurs camarades, auprès de leurs profs, ce sont des étudiant(e)s comme les autres, mais leur réalité (situation financière, obligations familiales, temps à consacrer à leurs études, etc.) est nettement différente. Cela peut avoir pour conséquence, par exemple, de réduire l’accès à des programmes d’études et à des stages réalisés obligatoirement à temps plein, ou à l’obtention de bourses ou d’emplois étudiants qui exigent le statut d’étudiant temps plein.

tract A2012 R

Par ailleurs, être parent comporte une série d’obligations qui, n’étant pas reconnues, ne permettent pas de justifier certains arrangements.  Les parents étudiants se retrouvent donc entièrement soumis à l’arbitraire des professeur(e)s quant aux accommodements dont ils et elles pourraient bénéficier (absences parentales, délai dans la remise de travaux, etc.).  Il en va de même pour l’octroi de congés parentaux pour les étudiant(e)s de 1er cycle.  Enfin, la précarité financière des parents étudiants et de leurs familles, en plus d’apparaître comme un frein à l’accessibilité aux études, est accentuée par l’absence d’aide financière d’urgence qui leur serait directement adressée.

Malgré les actions entreprises par le Gouvernement du Québec au cours des dernières années en faveur de la conciliation travail-famille, il semble que l’on considère toujours dans le monde universitaire que la parentalité soit un choix personnel et donc, une responsabilité individuelle.  À l’instar de nombreux autres acteurs, nous croyons plutôt qu’il s’agit là d’un acte social important, pour lequel nul(le) ne doit être discriminé(e).

Mandats de l’Assemblée générale : À venir…

But et objectifs du projet

Le but du projet est de mettre fin à la discrimination tacite vécue par les parents étudiants, et plus largement, d’assurer l’accessibilité aux études de cette population étudiante.  Il s’agit de favoriser l’articulation famille-études-travail au sein de l’Université.

Concrètement, il s’agit de :

  • Faire reconnaître le statut de parent étudiant par l’UQÀM;
  • Travailler conjointement avec les SVE ou autres instances de l’UQÀM à l’adoption de mesures réglementaires et/ou d’une politique familiale;
  • Appuyer et outiller les parents étudiants en vue d’une meilleure articulation études-famille et dans une perspective d’autonomisation;
  • Sensibiliser et mobiliser la communauté universitaire face aux enjeux liés à l’articulation études-famille-travail.

Les stratégies et activités

mises de l’avant dans le cadre du projet se décline en trois volets :

  • Éducation populaire
  • Défense de droits
  • Négociations avec l’administration de l’UQÀM en vue de l’adoption de mesures règlementaires.

Un premier chargé de projet a été embauché dès le mois d’août 2010 grâce à l’octroi d’une subvention la Fondation Béati pour la réalisation du projet. Celui-ci restera en poste jusqu’en décembre 2011. Une nouvelle chargée de projet est embauchée en septembre 2012. Voici un bref bilan des réalisations du projet depuis ses débuts :

Éducation populaire

  • Tenue de kiosques d’information plusieurs fois par année à l’UQÀM
  • Matériel de sensibilisation

    Affiche - conférence du 20 novembre 2012
    Affiche – conférence du 20 novembre 2012
  • Conférences/discussions/café-rencontres sur des thèmes liés aux droits des parents étudiants, à l’articulation famille-études-travail et autres sujets d’intérêt
  •  Atelier de politisation des vécus
  • Comité mob
  • Concertation/collaborations avec d’autres associations, notamment de parents étudiants et appui à des projets et à des luttes qui touchent de près ou de loin les parents étudiants.

Défense de droits

    Dépôt de mémoires sur des enjeux touchant les parents étudiants

Le statut « réputé temps plein » pour les parents étudiants inscrits à temps partiel à l’UQÀM : UNE QUESTION D’ÉQUITÉ

Mémoire déposé dans le cadre de la Consultation sur le PPU – Quartier Latin

Mémoire déposé dans le cadre du Rassemblement national étudiant 2012

Brochure « Surprise ! Les parents étudiants ont aussi des droits »

Brochure – Surprise !

Canevas de lettre de « Divulgation de situation de parentalité »

Accompagnement

Depuis ses débuts, le CSPE reçoit des témoignages et des demandes de conseils de parents étudiants vivant des situations difficiles et  injustes. Sans être experte en Droit, l’équipe du Comité a acquis de l’expérience et des connaissances au cours des dernières années qui lui permet d’accompagner les étudiantEs dans leur démarche.  Ainsi, nous sommes en mesure de :

Donner (rechercher) de l’information légale et pratique en lien avec la vie étudiante et la parentalité,

Rédiger des lettres d’appui ou des avis à l’intention de différentes instances,

Susciter la mobilisation autour d’enjeux collectifs.

** Nous vous invitons à toujours nous informer des situations difficiles ou injustes que vous vivez, même si vous ne souhaitez pas agir directement : c’est grâce à vos témoignages et expériences que nous pouvons identifier les besoins, dénoncer les discriminations et revendiquer les changements nécessaires à une meilleure articulation famille-études-travail.

Historique des négociations avec l’UQÀM (SVE)

Automne 2010 : Une première rencontre a lieu avec la directrice à l’accueil et au soutien des projets étudiants des Services à la vie étudiante (SVE), Mme. Durand, suite à laquelle un document faisant état des « problématiques et besoins des parents étudiants de l’UQÀM » est déposé. Formation d’un Comité de travail au sein du CSPE, composé d’étudiantEs parents, d’une étudiante en droit (via le programme Pro Bono) et du chargé de projet.

Début 2011 : Mme. Vaillancourt, directrice des SVE, propose la réalisation conjointe d’une déclaration de principes et l’élaboration de mesures concrètes pour répondre aux demandes adressées par le CSPE concernant la reconnaissance du statut parent étudiant et l’articulation famille-études. Amélie Lefort, conseillère à la vie étudiante, devient la personne en charge de notre groupe aux SVE.

Mai 2011 : Dépôt par le CSPE d’un document de travail aux SVE intitulé Les parents étudiants et la nécessité d’une politique familiale à l’UQÀM devant servir d’assise au développement de mesures concrètes.  Celui-ci se base sur les témoignages issus de focus group de parents étudiants organisés par le CSPE, de même que sur différentes études portant sur les réalités et les besoins des parents étudiants, dont celle de l’IREF (Corbeil et al., 2011).

Pour consulter le rapport de l’IREF, cliquez ici.

Été et automne 2011 : Attente d’un suivi pour continuer la démarche conjointe avec les SVE.

Décembre 2011 : Il faudra attendre au mois de décembre 2011 pour que les SVE donnent suite au document de travail déposé en mai de la même année !  C’est par le biais d’un document de quarante pages ayant pour titre L’articulation études-famille à l’Université du Québec à Montréal.  État de la situation et perspectives, signé par Mme. Amélie Lefort, conseillère à la vie étudiante, que le CSPE comprend avec consternation qu’aucune mesure concrète visant la reconnaissance des parents étudiants et l’articulation famille-études n’est envisagée.  On y décèle au contraire la compréhension que se font les SVE et l’UQÀM de la situation des parents étudiants : être parent est un choix personnel, et si cette situation fait naître des obstacles à la poursuite d’études postsecondaires pour la mère ou le père, elle ou il n’a qu’à rester à la maison. C’est du moins ce que laisse entendre les extraits suivants :

On y spécifie d’emblée, relativement à la réussite scolaire, que « par delà ses caractéristiques personnelles, c’est l’attitude de l’étudiant-e à l’égard de son projet qui détermine en grande partie l’atteinte ou non de son objectif.  L’étudiant-e doit s’engager dans son projet d’étude afin de se donner toutes les chances de succès. En définitive, la réussite implique donc aussi le sens des responsabilités des étudiant-es » (p. 6, nous soulignons).

Plus loin, concernant la reconnaissance d’un statut temps plein pour les parents étudiants inscrits à temps partiel comme c’est le cas à l’AFE, on indique qu’« accorder ce statut particulier à tous les parents étudiants serait d’ailleurs inéquitable à l’égard d’autres étudiants » (p.12).  Nous comprenons ainsi que pour l’UQÀM, la parentalité constitue une « caractéristique individuelle » (p.17), plutôt qu’un acte social tel que reconnu par le reste de la société.

Cet autre passage est également extrêmement révélateur de la compréhension générale de la parentalité aux études que se font les SVE et l’UQÀM :

« À notre avis, certaines revendications déposées par le CSPE révèlent une vision où l’engagement de certains parents-étudiants ne semble pas être la condition primordiale à leur réussite. L’argumentation entourant certaines problématiques laisse croire que des parents-étudiants conçoivent que la responsabilité de la réussite ou non de leurs études doit revenir avant tout à des tiers, particulièrement à leur établissement d’enseignement, l’UQÀM.  Nous croyons qu’il n’appartient à aucun établissement d’enseignement d’être tenu responsable des difficultés entourant l’accès aux études postsecondaires car cet enjeu trouve sa source en amont de l’envoi d’une demande d’admission universitaire. […] La clé de l’accès aux études – et dans un deuxième temps, l’accès au diplôme – se trouve avant tout entre les mains des individus qui font le choix de poursuivre des études postsecondaires » (p. 28, nous soulignons).

En somme, ces quelques extraits révèlent une volonté claire de la part de l’UQÀM de délégitimer les demandes des parents étudiants en insinuant qu’elles et qu’ils sont irresponsables et qu’en investissant un minimum « d’efforts » et de persévérance dans leurs études (comme si ce n’était pas déjà ce qu’elles et ils faisaient !), elles et ils pourront réussir au même titre que les autres. L’Université présente ainsi comme des « privilèges » des mesures qui viseraient simplement à atténuer des discriminations systémiques.

Hiver 2012 : Une grève générale illimitée est déclenchée à l’hiver 2012. Le CSPE participe activement à cette mobilisation historique qui a duré plusieurs mois.

Automne 2012 : Une nouvelle personne chargée de projet est embauchée.    Le CSPE apprend qu’il devra maintenant interagir avec un nouveau conseiller à la vie étudiante, soit M. Yannick Richer.  Un premier entretien a lieu avec lui le 13 novembre.  Préalablement à cette rencontre, une série de questions visant des précisions quant au document de Mme. Lefort est adressée à M. Richer, dont leur compréhension générale de la problématique de l’articulation études-familles : responsabilité individuelle ou collective ? On nous répond que cette question doit faire l’objet d’une consultation aux SVE…! Malgré tout, la possibilité d’élaborer un plan d’action commun entre le CSPE et les SVE, qui comporterait la réalisation de mesures concrètes dès cette année est évoquée.

Mai 2013 : un comité de travail conjoint SVE-CSPE a été formé et a pour mandat de faire avancer le dossier de la reconnaissance d’un statut réputé temps plein pour les parents étudiant à temps partiel. Pour consulter l’avis du CSPE sur le sujet : Le statut « réputé temps plein » pour les parents étudiants inscrits à temps partiel à l’UQÀM : UNE QUESTION D’ÉQUITÉ.

À ce jour (Juillet 2017) : Depuis l’automne 2015, une chargée de projet a été embauchée pour réactiver le dossier de la politique familiale. Le momentum est d’ailleurs excellent, puisque nos allié.e.s de l’APéTUL militent activent à l’instauration d’une politique familiale au sein de l’Université Laval. 

Le CSPE est également membre de la Coalition pour la conciliation Famille Travail Études. Une plateforme politique est actuellement en préparation et sera lancée sous peu. 

Un groupe de travail sur les étudiants parents (GTSEP) a vu le jour au sein de l’UQAM à l’automne 2016, composé de membres étudiants, membres de la communauté uqamienne ainsi que d’une chargée de projet affiliée aux SVE.  Actuellement, les résultats sont assez mitigés puisque les travaux avancent lentement. Il est important de souligner que ce comité a le mandat d’émettre des recommandations à différentes instances de l’UQÀM, et, par conséquent, n’a pas de pouvoir décisionnel. 

 

 

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